TRANSAHARA FESTIVAL 2013, EN PLEIN COEUR DU MAROC

Maroc Avril 2013 - transahara Festival near Merzouga

* Reportage et photographies de Shiva Shakti Shanti La – Avril 2013 sur LaSpirale.org, an Ezine for The Digital Mutants

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TRANSAHARA FESTIVAL 2013, EN PLEIN COEUR DU MAROC

 

Avril 2013 – Un joyeux comité de tranceux bohémiens a colonisé pour une semaine hors du temps et de la réalité les dunes du Sahara marocain près de la ville de Merzouga, non loin de la frontière algérienne.

Imaginez un festival de musique électronique et trance sans ses inconvénients récurrents habituels et dans un cadre délirant ; un désert de sable fin orange brique, une fête avec toutes les facilités d’accommodation comme dans un hôtel sur la Lune. Vous venez de débarquer au Transahara, septième édition du cru, invitation au voyage en immersion totale.

 

Transahara 7th Edition – Back to the Future

 

Comme une provocation sound-systémique, le vaisseau spatial se pose tel un OVNI sur une terre instable. Le dancefloor principal, Main Floor pour les intimes, ressemble à la place centrale et tribale d’un village évanescent de nomades fluorescents du XXIe siècle récalcitrant. Le sourire illumine le visage de chacun dans ce qu’il est de plus beau. La trance tributaire de ses déboires vingtenaires débarbouille chaque participant de son masque citadin de fer envahissant.

Nous sommes au Maroc. Le cœur s’ouvre sur d’autres ondes plus humaines, portées par le rythme accéléré du Beat. Anachronisme plus entièrement tourné vers l’autre comme semblable. Oubli de toutes les calamités hivernales non digérables. Éteindre son I-fon dernière génération, le wi-fi satellitaire est saturé. Tempêtes de sable et nuits fraîches composent le climat printanier désertique. Autant s’attendre à des désagréments de dernière minute pour nous rappeler qu’on se trouve bien sur Terre, même au Transahara. Cinq jours moins un de festival plein. Avec en conscience les contraintes qu’un grand élément comme le Sahara dans sa toute-puissance peut imposer une remise en question collective et forcée. Se reconnecter Soi à la Source aride. Comme une halte sur un point tellurique pour l’âme en peine venue se recharger en « vibrationnalité Rainbow Love » et en simplicité. Expérience unique, comme une insolence désabusée du « je-ne-sais-plus » d’une génération de petites libellules prise dans l’étau d’un entre-deux monde sournois où déceptions répétitives et matérialité triomphante ont eu raison de tous. Société de classes (Csp). Société de castes. Quelle est la différence dans le fond à part l’étiquette syntaxique de la forme ?

 

Une semaine surréaliste de déboires nonchalants.

 

L’étrange comité ne peut rassembler que 1000 privilégiés au maximum, Abdou Elouali l’organisateur s’est imposé cette restriction pour éviter toute récupération mafieuse en territoire géopolitiquement stratégique. Mais surtout parce que sa motivation première n’est pas l’argent. « Pendant que les autres se font la guerre dans ce même desert, j’organise un festival pour y célébrer la danse, l’art et l’amour. La vie est courte alors vivons intensément, passionnément. »

Ce facteur du nombre, évidemment central, rend la tâche difficile à Abdou car il doit implacablement sélectionner son public pour voir son évènement viable. Son rêve d’organiser une fête inoubliable avec des airs de Burning Man en émergence sur les dunes du Sahara est à ce prix. Personne n’avait osé avant lui installer un Trance-Floor parmi les ondulations sableuses habituellement réservées aux touristes venus faire du motocross, des balades en jeep, à dos de dromadaire ou photographier la faune insolite du désert et son Roi, le moineau blanc. La principale critique vient du fait que le prix d’entrée au festival soit exorbitant pour quelque Marocain que ce soit.

Le Transahara, ce serait quelques Happy Fews envahissant le désert sans y laisser aucune plus-value pour les Autochtones invitants de la région, plus pauvres que dans le reste du Maroc. Abdou rétorque avec conviction: « C’est la septième fois que je crée cet événement, sans investissement. Je n’ai pas les moyens. J’ai dû vendre ma propre voiture cette année pour payer mes créances aux différents prestataires locaux dont le but principal est de faire un maximum de bénéfices à court terme. Pour les autorités, plus il y a de monde et mieux c’est pour le commerce. Alors que moi j’organise une fête déjantée en plein milieu du désert, mais pas pour faire du fric et viser la réussite sociale. Six années à bosser sans faire un centime de bénéfice, sauf en 2009. Pour l’amour du défi, parce que je suis cinglé. »

 

Le Cercle, guest-star comme dans les bonnes vieilles teufs d’antan.

 

Le choix de sponsors pour une telle fête est cornélien. Seul Marlboro a répondu à l’appel d’offre. Le public aurait préféré des décorations psychédéliques à la place des publicités obstruant la vue. Mieux encore, une tenture commune aurait pu être créée, chacun dessinant sa vibe sur une toile de coton blanc immaculé, histoire de laisser une marque impérissable de cette crème souriante et hippisée que constitue la population transaharienne de masse. Un espace décoré assez sommairement à part autour du Chill-Out Floor, plus proche des bivouacs de tentes. Une fine équipe de pirates sculpteurs de sable ont érigé quelques œuvres impermanentes, dont l’éléphant mascotte totémique de cette septième édition du Transahara. Les dunes nous envoûtent par un décor naturellement grandiose de couleurs fluctuantes à la mesure des heures.

Symbiose cathartique entre congénères bien apprêtés. Royal Maroccan Sunset. De nickel. Semblable à une famille impermanente qui s’attache, puis se détache sur des fréquences progressives, alternatives voire carrément psychédéliques. La plupart des artistes et Djs présents l’étaient gracieusement pour apporter du bonheur à ce comité restreint de teufeurs invétérés. Pas pour se masturber publiquement sur l’approbation massive comme il est de tradition sur les grands festivals européens à plus de 20 000 têtes de pipes. Nonchalance obligatoire. Oublier sa montre et son line-up. Qui devra jouer jouera. Déconditionne-toi maintenant, ne vivre que l’instant présent. Malheureusement pour des questions budgétaires Abdou Elouali devra se résoudre à inviter moins d’artistes connus internationalement pour la prochaine édition en 2014: « Nous restons une petite production avec peu de moyens, même si on s’améliore au fil des éditions. Cette année, Perfect Stranger from Israël (nb : grand maître de la trance progressive) nous a transportés sur une autre galaxie, il était ravi d’être sur place avec nous. J’ai le projet d’inviter Neelix from Germany (nb : grand maître de la trance psychédélique) pour le prochain Transahara, Inch’Allah ! »

 

Chacun sa place et tous ensemble.

 

Le Transahara c’est une coalition de plus de quarante nationalités réunies en un même cercle intemporel, au-delà d’une question de citoyenneté, de religion ou de culture. Il ne ressemble à aucun autre festival de musique électronique dans le monde. Le Maroc, bien qu’écartelé entre modernité et tradition ancestrale, demeure un pays musulman avec ses codes et ses tabous persistants que l’on se doit de respecter. Le large désert sans voix nous ouvre ses bras. Ses habitants nous supportent gratuitement de surcroît avec notre musique électronique qui martèle le tympan-spectateur pour quiconque ne tape pas du pied en rythme. Le son tel un cavalier conquérant et ses troupes s’installe, insouciant sur des terres arides inhospitalières, mais dans un esprit de paix. Lutter pour danser contre les éléments naturels. Comme de modernes imbéciles se confrontant à la force brute de la nature triomphante ; c’est Elle qui nous aura par la fatigue. Vaincus par la tempête nous irons quand même jusqu’au bout de nous-mêmes. Rythme apaisant du cœur qui bat en fraternité.

Le sable. Le temps qui passe. La clepsydre des heures du bonheur non renouvelable dans le vivre au présent. Carpe Diem. Entre deux sets, je retrouve Abdou, soucieuse d’en savoir davantage sur ses motivations. Malgré l’ambiance électronique, il désire inscrire son événement dans l’esprit du rock & roll : « Avec ce festival je veux rendre hommage à mes idoles (nb: Morrison, Hendrix, Joplin, Zappa, Jefferson Airplane, Kerouac, Huxley, Nietzsche, Creeadance, Grateful Dead, Velvet Underground), c’est pas seulement pour s’aimer ou s’oublier tout en flirtant avec la magie, l’insouciance. L’esprit rock c’est « Fuck the System », sors du troupeau, oublie d’être sage et lâche-toi. La musique électronique est l’héritière du rock en ligne directe. Comme son ainée elle participe à la libération des moeurs, faisant lâcher du lest aux gouvernements. Elle nous rapproche de l’intemporel en nous ramenant à la Love Revolution » des sixties. »

 

Des caftans de bonheur nous attendent désertiquement arrosés d’un brin d’arc-bouté.

 

Réminiscence déprogrammée. Permanence renouvelée. Galapagos à la clé. Célébrons ensemble la joie d’être en ce cercle de Vie impermanent et surréaliste. Priant notre reconnaissance par notre danse sur de la musique trance. Comme par une salve glissée dans des orifices bien rassérénés, l’erg dissolve l’ego des prétentions absolues de nos générations ambivalentes. En plein cœur du désert. Kahena inaccessible de lumière claire et saine, elle allonge ses cartes de Dakini mondaine sans préparer son curateur à recevoir sa vibration bienveillante et joliment posée comme un sabre dans le beurre. Fondue Marocaine. Un entre-deux monde en plein mutantisme. Vent solaire sur bisque de bois. Valonnades subcontinentales comme une femme ronde et belle. Convalescence en accéléré comme une surprise inavouée.

Absolue luminescence dans l’amitié comme si après l’enfer élaboré sciemment par l’inhumain une conspiration positive concoctée par l’humain sans malgré. L’éducation clé de toutes les complétudes du possible. L’humus fertilisant de toute personne diamétralement en équilibre comme une table à quatre pieds. La verdure rafraîchissante de sa permanente gentillesse s’allie aisément à sa capacité Yang organisatrice née dans la liberté de choix dans les termes du possible donné. Notre domination par le son n’est qu’impermanente de cinq jours, le silence et les dromadaires reprennent leurs droits régaliens dès notre départ. La voûte étoilée suffit pour retrouver son chemin dès l’instant qu’une petite lumière salvatrice illumine le point d’entrée de l’hôtel Yasmina de Merzouga.

Parvenir jusqu’au Transahara constitue une aventure en soi, une organisation préalable est donc nécessaire pour parvenir à l’Eden sans encombres. L’idéal serait de prévoir une semaine entière pour faire la route avec une bande d’amis. Il est facile de louer un véhicule depuis l’un des aéroports marocains. On peut aussi utiliser l’une des navettes en Jeep prévues par l’organisation du Transahara pour faciliter la venue des festivaliers jusqu’à Merzouga depuis Marrakech, Ouarzazate ou Casablanca. Toute information complémentaire est disponible sur le site Nomads Tribe.com.

 

Peace Love & Light from Shanti

© Shiva Shakti Shanti La
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